PAR BIENVENU SENGA (BX_SENGA@LAURENTIENNE.CA)

Des anciens se souviennent

La résidence étudiante affiliée à l’Université de Sudbury fêtera cette année son 50e anniversaire. L’équipe de L’Orignal déchaîné s’est entretenue avec quelques ancien.ne.s résident.e.s pour recueillir leurs souvenirs de leur séjour en résidence, une expérience qu’ils/elles ont tou.te.s qualifiée d’inoubliable et d’enrichissante.

David Lamothe: résident de 1981 à 1984

Pour l’actuel entrepeneur résidant à North Bay, les trois années passées à Lucien Matte ont été « les plus belles de [sa] vie ». La résidence permettait aux étudiants de créer facilement de nouveaux liens d’amitié, selon M. Lamothe. « On y acquérait un sens profond de la communauté et on s’y sentait comme chez nous », indique-t-il. C’est d’ailleurs durant son séjour à Lucien Matte que M. Lamothe a rencontré Mary Anne, également ancienne résidente de Lucien Matte avec qui il est marié depuis environ 31 ans.

  1. Lamothe affirme aussi avoir appris le respect et l’appréciation de la diversité à cette époque. « Il y avait des personnes de plusieurs origines et de diverses religions et la cohabitation nous a tous appris à nous respecter les uns les autres en dépit de nos différences. C’est une des grandes leçons que j’ai apprises en résidence », explique-t-il.

L’ancien locataire de la résidence Lucien Matte se dit également heureux d’avoir pu passer le flambeau à sa fille, Emily, qui habite actuellement à la même résidence depuis deux ans. « Même si l’atmosphère de la résidence semble avoir changé depuis l’époque où nous y vivions, cela ramène beaucoup de souvenirs à chaque fois que nous la déposons là ou que nous venons lui rendre visite. C’est agréable de savoir qu’elle vit une expérience presque similaire à la nôtre », dit M. Lamothe.

Sally Lavergne: résidente de 1982 à 1986

En venant à la Laurentienne pour entamer des études en service social, Mme Lavergne a élu domicile à la résidence Lucien Matte. Comme elle l’explique, son choix a été motivé par « la promotion du bilinguisme au sein de la résidence, la taille des chambres, et le fait que la résidence soit à vocation catholique ». La travailleuse sociale en formation à l’époque a été, pendant une année, responsable de la section où elle résidait, une expérience qu’elle chérit toujours aujourd’hui. « Dans mon rôle, je me retrouvais souvent dans des situations de counselling avec mes ami.e.s et autres étudiants. Lors de la formation pour les Dons (responsables de sections), on devait pratiquer des scénarios de situation souvent présentées par les étudiants. Maureen, ma partenaire, m’a dit qu’elle était très impressionnée par mes conseils et que je serais une superbe travailleuse sociale. Je suis maintenant travailleuse sociale depuis 30 ans, fière maman de trois enfants jeunes adultes et ces mots résonnent toujours en moi. Je crois sincèrement que mes quatre années à la résidence ont contribué à forger la personne que je suis maintenant », nous a-t-elle confié.

Gabrielle Lemieux: résidente de 2003 à 2007

« Pour moi, vivre en résidence, c’était arriver dans un environnement un peu plus sécurisant qui facilite la transition au début. C’était un lieu où l’on pouvait se retrouver avec des jeunes de notre âge avec qui on vivait la même chose », se rappelle l’actuelle enseignante et ancienne présidente de l’Association des Étudiant.e.s francophones (AEF) de l’Université Laurentienne. « J’ai aussi appris à m’occuper de moi-même. C’est à ce moment de ma vie que j’ai réalisé que bien que je puisse paraitre extravertie à prime abord, j’ai aussi besoin de temps pour moi-même, pour me ressourcer. Je trouve qu’il est important à cet âge-là, d’apprendre à se connaître et à découvrir ses limites », ajoute-t-elle.

Reconnaissante de l’influence positive de son séjour à Lucien Matte sur son évolution personnelle, Mme Lemieux offre régulièrement des ateliers de formation en leadership aux responsables de section de la résidence.   

André Smith: résident de 2009 à 2016

Smith vient de conclure un séjour de sept ans à la résidence. Depuis 2013, il occupait les fonctions de responsable de la vie étudiante, veillant ainsi à la cohésion de près de 180 étudiants. Pour lui, « la résidence, c’est comme un cercle élargi d’amis où il y a toujours quelqu’un avec qui l’on peut s’amuser et en qui l’on peut se confier ». Il retient, autant de son expérience personnelle que de son rôle de leader, « qu’il ne faut jamais se renfermer sur soi-même peu importe le degré de complexité de la situation que l’on vit, qu’il faut toujours rester vigilant, qu’il faut respecter autrui et qu’il ne faut pas avoir peur de faire de nouvelles rencontres et d’apprendre les uns des autres lorsqu’on vit en communauté ».   

Père Ronald Perron, s.j.: directeur de la résidence de 1979 à 2002

Le prêtre jésuite, qui s’est occupé de la résidence pendant 23 ans, dit avoir été impressionné par la croissance personnelle dont faisaient preuve les étudiants au cours de leur séjour. « Il nous venait souvent des étudiants de première ou deuxième année qui apprennaient tout juste à explorer leur liberté nouvellement acquise. Pour nous, il s’agissait de cheminer avec eux, d’être là dans les bons moments mais aussi et surtout lorsqu’il se heurtaient à de gros obstacles. C’était toujours encourageant de les voir arriver à se prendre en main », explique-t-il.

Anecdotes

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Les personnes avec qui nous nous sommes entretenus nous ont fait part des anecdotes qui ont agrémenté leur séjour en résidence, de la célébration des demi-anniversaires pour ceux dont les anniversaires tombaient en pleines vacances d’été aux farces minutieusement élaborées. On s’en doutait…la vie en résidence n’aurait pas pu être aussi monotone que leurs propos initiaux le laissaient croire.

« Je me souviens d’un journée où le contenu de ma chambre au 3e Bleu avait été entièrement déménagé dans la salle de toilette au 2e Brun. À la grande surprise des gars du 2e Brun, j’ai passé la nuit dans la salle de toilette », nous a confié une ancienne résidente.

« Je ne verrouillais jamais ma porte puisque j’étais responsable de plusieurs étudiants. Je me disais que si je n’arrivais pas à me faire respecter, les résidents dont j’étais responsable ne le seraient pas non plus. Cela m’a valu, entre autres, une poule dans ma chambre un certain dimanche de Pâques », nous a raconté un autre ancien locataire de la résidence.

Les célébrations du 50e anniversaire de la Résidence Lucien Matte auront lieu le 1er et le 2 octobre à l’Université de Sudbury.

NDLR: la rédaction tient à souligner l’appui de la directrice actuelle de la vie en résidence, Gisèle Raymond, à la rédaction de cet article.

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