Article par Alanis Rodriguez

Trois nuits de musique, sept muralistes et des centaines de Sudburois qui se promènent dans les rues du centre-ville, avec de gros sourires au visage. C’est pendant la fin de semaine du 11 au 14 août que le centre-ville de Sudbury devient pour la deuxième année consécutive la toile canvas d’artistes provenant du Canada et d’ailleurs. Les performances de musique émergente contemporaine et carrément hors de la zone de confort sudburoise ne sont qu’une petite partie de ce qui rendent le festival Up Here une expérience transformatrice et simplement une des meilleures fins de semaine pour connaître le potentiel artistique de la capitale du Nickel. Ce qui ne cesse d’impressionner les festivaliers non seulement au mois d’août, mais à l’année ronde sont les murales plasmées sur différents édifices durant ces quelques jours. Cette année surgit un peu partout dans la ville des murales de Ella & Pitr, un duo d’artistes de Saint-Étienne en France, d’Ola Volo, jeune illustratrice de Vancouver et Kirsten Mccrea, basées à Toronto et qui a été nommées une des meilleures artistes canadiennes sous l’âge de 30 ans. Il ne faut pas oublier les murales d’une certaine Tracy Baker, artiste basée ici même à Sudbury et du muraliste français Hobz, qui est active dans la culture de l’art de rue parisien depuis les années 90. Ce ne sont que quelques-uns des muralistes qui ont pris part dans le festival cette année, mais ce sont leurs murales que l’on peut voir en marchant un parcours du centre-ville.

Un piéton qui marche les rues de la ville du Grand Sudbury peut se réjouir de trouver plusieurs trésors locaux cachés dans les petites rues de notre mini-métropole. Une personne qui explore le centre-ville peut commencer son trajet sur la rue Elm. Après s’être rafraîchi avec une des 65 différentes sortes de bière en fut au restaurant Hardrock 42 et d’avoir bouquiné quelques heures à Bay Used Books, il ou elle pourra constater sur le mur derrière les chemins de fer, un des deux géants endormis peints par nul autre qu’Ella et Pitr. Ce dernier jeune couple d’artistes français se rencontre par hasard dans les rues de Saint-Etienne, France en 2007, chacun en train d’exposer ses œuvres sur les murs de leur ville. Depuis ce temps, le duo travaille ensemble pour créer des murales en non seulement en France, mais aussi dans plusieurs autres pays tels que le Chili, le Portugal et bien sûr, ici même au Canada. Ella et Pitr donnent naissance au projet « Les Papiers Peintres », une série de caricatures qui occupent les murs de plusieurs édifices. Le duo est principalement reconnu pour avoir complété en rien que quatre jours la plus grande murale extérieure au monde. Cette murale nommée « Lilith and Olaf » mesure 21 000 m2 et peut être vue par celui ou celle qui vole au-dessus de la ville de Klepp en Norvège. Ce dernier peut voir une figure énorme d’une femme couchée à côté d’un petit personnage qui représente le roi Olaf Premier de la Norvège. Une murale d’une envergure semblable est maintenant visible sur le toit de l’édifice d’IMAX à Science Nord.

En continuant le trajet du centre-ville sur la rue Beech, un explorateur urbain peut s’arrêter pour manger le meilleur sandwich shawarma de Sudbury au petit restaurant égyptien local, Cairo. En sortant du café, un peu plus loin sur cette même rue, il est impossible de manquer les formes et les détails particuliers sur le mur de l’édifice Makey, peint par l’artiste basée à Vancouver, Ola Volo. Cette illustratrice originaire du Kazakhstan explore beaucoup de différents thèmes tels que le multiculturalisme, le folklore, et l’histoire à travers de ses illustrations. Elle réussit à créer une harmonie entre la nature qui l’entoure et les aspects de sa vie personnelle pour raconter des histoires à travers des formes et des couleurs qui occupent les murs qui rencontrent son pinceau.

L’aventure continue sur une des rues les plus importantes du centre-ville, la Durham. Sur cette rue se trouve une multitude d’entreprises locales qui gardent les amateurs de bonne nourriture, de bon café, de bars et de musique live très occupés. C’est à côté du restaurant Respect is Burning et en face du Speakeasy, deux des meilleures places à passer un samedi soir entre amis que se trouve une autre des murales nées durant le festival Up Here cette année. C’est dans le Old City Hall Lane que se cache un géant orignal bleu, regardant furtivement passer les sudburois qui marchent cette rue pleine de vie. Cet orignal est le fruit du travail de l’artiste innovateur, graphiste et designer Hobz. Originaire de la France, ce dernier se trouve actif dans la culture de l’art de rue parisien depuis les années 90. En plus d’être exposé sur plusieurs édifices de Paris et d’autres villes, son travail peut aussi être vu dans des galeries d’arts telles que la Galerie Wallworks à Paris, la Galerie Speerstra à Bursins, Suisse et dans les Galeries Lafayette de Berlin. Il trouve son inspiration dans les formes simples, les couleurs vibrantes et les personnages sombres, comme n’importe quel piéton peut le constater en marchant sur la Durham vers la Elm.

Après avoir tellement marché, il n’y a aucune place au centre-ville qui est plus agréable pour s’asseoir et relaxer que le Parc Mémorial. L’explorateur urbain peut ainsi continuer son trajet sur la Larch. En arrivant à l’intersection de la rue Larch et Lisgar se trouve le charmant nouveau café Kuppajo à côté de la ruelle qui mène directement vers ce joli espace vert créé en 1957 pour commémorer les soldats morts dans les deux Guerres Mondiales et dans la guerre de Corée. Tout en étant un trésor historique, le parc est maintenant aussi un autre site artistique du festival Up Here 2016; sur un petit mur étroit à côté du stationnement du YMCA se trouve une autre murale, celle-ci peinte par une artiste de chez nous, Tracy Baker. Son travail peut être surement reconnu par les fans des festivals de musique et d’arts de la région. C’est en collaboration avec le Studio 123 que Baker réalise les affiches publicitaires du festival de musique et arts River and Sky, édition 2014, ainsi que l’art pour le pamphlet de programmation 2014-2015 de la Slague du Carrefour francophone. En plus, ses œuvres peuvent être vues un peu partout, que ce soit sur des bouteilles de bières artisanales de la région ou sur les affiches publicitaires de Cinéfest.

Le long parcours du centre-ville ne peut finir sans une marche sur la rue Elgin, où se trouvent une variété vaste de restaurants et bars tels que le fameux Townehouse, le Laughing Buddah et la Fromagerie Elgin, les trois places où se trouvent toujours 80 % de la population de jeunes adultes de Sudbury. C’est justement sur le mur de côté de l’édifice où se trouve un des bars les plus occupés de Sudbury, le Zigs où un artiste de Toronto monte son œuvre géante. La murale de différents patrons découpés et replasmés dans un grand collage est un exemple parfait du style particulier de Kirsten Mccrea qui a comme mission de rendre l’art accessible à tout le monde. C’est en exposant son art sur les murs de Toronto et un peu partout au Canada qu’elle réalise ce mandat. Kirsten a été nommée une des 30 meilleures artistes sous l’âge de 30 ans par Blouin Artinfo, groupe international de magazine d’arts et une des principales sources d’information d’arts et culture au monde. Ses œuvres ont été exposées dans certaines des galeries d’arts les plus importantes au Canada, telles que la AGO à Toronto ainsi que le Musée des Beaux Arts à Montréal.

 

Indéniablement, plusieurs sudburois avaient une fois ou connaissent quelqu’un qui avait une fois peur de marcher les rues du centre-ville. Malgré qu’il est vrai que des choses « sketch » peuvent prendre place dans le tunnel entre la Elgin et la Riverside à trois heures du matin, il est bien entendu que le centre urbain de ce vieux cratère devient de plus en plus agréable à explorer chaque année. Plusieurs changements dramatiques ont pris place et ont contribué énormément à l’embellissement du centre-ville. La construction de l’école d’architecture de l’Université Laurentienne et toutes les nouvelles petites entreprises locales en sont de parfaits exemples, mais ce qui a fait la plus grande différence est les murales apparues grâce au festival Up Here. Après seulement deux années consécutives du festival, notre vieille ville minière est déjà remplie de plusieurs murales de tous styles, couleurs et formes. Il est à la fois difficile et palpitant d’imaginer à quoi ressemblera cette ville dans les prochains 10 ans!

 

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