Quelques semaines après avoir ému la communauté de Sudbury avec sa pièce Rearview, Gilles Denis-Poulin nous offre à nouveau une expérience inoubliable. Coécrite avec Esther Duquette, la pièce Straight Jacket Winter est une autofiction de leur aventure lors de leur déménagement de Montréal à Vancouver. L’originalité de cette pièce se démarque par sa mise en scène créative, ses thèmes authentiques et l’incroyable dynamique entre les comédiens et les auteurs qui se retrouvent parallèlement tous les quatre sur scène.

 En effet, les auteurs ont choisi de ne pas jouer leurs propres personnages, mais d’être quand même présent sur scène, entre autres en tant que narrateurs. À l’aide d’un projecteur, d’une table tournante et d’autres instruments, ils ont réussi à la fois de créer une ambiance invitante et d’ajouter une touche personnelle au jeu des comédiens. Cette dynamique entre les deux versions des personnages a gardé le public captivé du début jusqu’à la fin. Julie Trépanier et Frédéric Lemay, dans les rôles d’Esther et Gilles, ont chacun apporté quelque chose d’unique à la pièce, tout en étant plus que vraisemblables dans leur représentation.

L’histoire débute en 2011 lorsque Gilles et Esther déménagent de Montréal à Vancouver pour l’emploi d’Esther. En essayant de s’adapter à leur nouvelle ville, ils sont vite surpris par la difficulté qu’ils éprouvent à créer de nouvelles relations. Ils se retrouvent seuls dans leur appartement pendant un hiver interminable et font face aux problèmes rattachés à leur isolement social. Le couple s’est inspiré du roman L’hiver de force de Réjean Ducharme, qui aborde des thèmes similaires, et en lit des extraits lors de la pièce.

À cet égard, les thèmes prépondérants de l’œuvre rappellent aux spectateurs des émotions qu’ils ont assurément déjà ressenties à travers leurs expériences personnelles. Ce sont des thèmes avec lesquelles on peut tous s’identifier tels que l’amour et les relations, le déménagement dans une ville étrangère où l’on se sent un peu extraterrestre et les sentiments d’enfermement lors d’un hiver qui ne tire jamais à sa fin. La combinaison des anecdotes humoristiques et de ces thèmes plutôt sérieux, le tout peaufiné par le jeu physique des comédiens laissent chez le spectateur un sentiment de nostalgie. Dans la courte durée du spectacle, il est impossible de ne pas s’attacher aux personnages et à leur histoire.

Malheureusement, Straight Jacket Winter a seulement été présentée au Théâtre du Nouvel-Ontario la fin de semaine du 10 au 12 novembre. Il est certain que ceux qui ont eu l’occasion de voir les pièces de Gilles Denis-Poulin et d’Esther Duquette sont ressortis du TNO avec l’envie d’en voir plus. On pense parler au nom de la communauté de Sudbury lorsqu’on dit à l’équipe « Merci! Et revenez bientôt! »

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