L’Orignal déchaîné s’est entretenu avec Mario Lepage du groupe fransaskois Ponteix, qui était à Sudbury pour la cinquième édition de la Nuit Émergente. Le groupe a publié un EP en 2016 intitulé J’Orage.

Orignal déchaîné : Peux-tu nous décrire ta musique en quelques mots?
Mario Lepage : La musique de Ponteix nait d’une place dans les prairies, c’est une musique des grands ciels et des mélodies dans les airs. En des titres un peu plus « boring », notre musique est indie rock électro psychédélique.

O.D. : Ponteix, c’est le nom d’un village francophone au Saskatchewan, que représente ce nom pour vous?
M.P. : C’est le nom d’un village francophone très petit entouré d’anglais, c’est comme un noyau, un espèce d’endroit qui n’a pas de place. Mais malgré tout ça, malgré l’anglais qui l’entoure, elle est encore en vie et elle garde sa culture. Donc c’est juste d’embrasser sa différence et sa « weirdness » et continuer.

O.D. : Est-ce que c’est ta première fois à Sudbury? Quelle était ta première impression de la ville?
M.P. : Ma première fois à Sudbury était pour les Jeux de la Francophonie, et j’ai joué avec mon premier band dans le volet musique. C’était vraiment le fun de voir Sudbury dans un contexte national.

O.D. : Vous avez reçu 7 nominations pour des prix Trille Or cette année, comment t’es-tu senti et quelle était ta réaction?
M.P. : J’étais content, mais je ne m’y attendais pas. Je ne veux pas me donner des attentes, mais c’est le fun. Il y a des super bons artistes et on est vraiment jeunes, ça fait juste deux ans qu’on est ensemble. C’est le fun d’être reconnus, c’est comme si on a passé une étape.

O.D. : C’était quoi ta première expérience de concert?
M.P. : J’ai pas une bonne mémoire pour ces affaires-là! Je me souviens d’avoir vu Queens of the Stone Age, un band de rock qui était venu à Saskatoon. Je ne me rappelle pas le premier concert que j’ai joué, mais c’était probablement à mon école au diner et je jouais des power cords avec ma guitare de marde.

O.D. : Si tu pouvais dire n’importe quoi à Donald Trump, sans conséquence, que dirais-tu?
M.P. : Je flirterais avec lui pour le rendre très mal à l’aise et voir comment il réagirait.

O.D. : Dans le monde artistique francophone, on accorde beaucoup d’importance au lieu d’origine des artistes et on dit souvent qu’il faut être à Ottawa ou Montréal pour avoir du succès. Qu’en penses-tu?
M.P. : Pour moi ce n’est pas un succès ce qu’on est en train de vivre, en venant dans l’est de la Saskatchewan et en faisant des spectacles. Je pense qu’on est en train de vivre une difficulté, en réalité, pour pouvoir payer des billets d’avion et tout, mais à chaque fois qu’on vient c’est « tough », mais ça fonctionne et on arrive à le faire marcher. Je ne connais pas l’autre côté, oui j’ai beaucoup passé de temps à Montréal et ici dans l’Est, mais je n’y ai pas vécu donc je ne sais pas si ça ferait une réelle différence. Je pense à déménager de plus en plus, juste pour voir si vraiment « o.k ça marche », mais je n’irais pas à dire que j’oublie mon patois et mon chez moi, c’est juste pour voir si ça facilite les choses. Veut ou veut pas, notre nom est un village au Saskatchewan, donc même si on déménage comme en Afrique, le monde vont dire qu’on est canadiens de je-sais-pas-trop où.

O.D. : Quel est ton endroit de rêve pour faire un spectacle ou une tournée?
M.P. : En Allemagne, en Suisse, pas mal en Europe. Ça l’air comme un monde différent. J’ai fait des spectacles avec Shawn Jobin là-bas et ça semble attrayant.

O.D. : Quel titre de film décrit ta vie?
M.P. : Inception ou Interstellar. J’étais pour dire Fight Club, mais c’est trop schizo.

O.D. : Qu’est-ce que tu manges en hiver pour avoir de si beaux cheveux?
M.P. : Des enfants.

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