Le jeudi 27 septembre, l’Association des professeur(e)s de l’Université Laurentienne (l’APPUL) a déclaré la grève suite à une période de renégociation de convention collective avec l’administration qui fut, évidemment, peu fructueuse.

Les étudiants et membres de la communauté ont su que les négociations avaient échouées suite à un courriel acheminé à tous par l’Université. Le message cherchait à placer la faute pour cet échec sur les professeurs. Le contenu de ce courriel serait ce qu’on pourrait caractériser comme insultant et fautif et tous les membres de la communauté devraient êtres outrés.

Les étudiantes et étudiants se doivent de ne pas rester silencieux pendant ce conflit de travail. Avec les montants de plus en plus exorbitants que l’on est obligé de verser à l’université, on devrait exiger le retour au travail. Ce que les professeurs réclament, c’est l’habilité de pouvoir mieux desservir leurs étudiants. Dans une institution d’éducation postsecondaire, les gens qui ont le plus grand impact sur les étudiants sont leurs profs. Ce sont eux que l’on voit à tous les jours, qui travaillent fort pour nous aider à bien comprendre les concepts et qui, en bout que ligne, veulent que l’on réussisse. Tous les étudiants devraient se braquer à leurs côtés et manifester ouvertement contre les miettes que leur offre l’administration. Mais toute action concrète, si elle est collective, ira loin pour appuyer la cause. L’implication étudiante dans le conflit pourrait être ce qui pousse l’administration à écouter aux demandes de l’APPUL et ainsi permettre aux cours de recommencer. Chaque petite action compte, et la dernière chose que veut l’administration c’est plus de visibilité pour le conflit de travail, ou plus de couverture médiatique négative.

Les associations, quant à elles, ont la responsabilité morale envers leurs membres de se joindre aux profs. L’impartialité, la position qu’a émise le Students’ General Association (SGA) au cours de la journée du 28 septembre, est, à mon avis, la pire chose à faire. Les étudiants ne peuvent demeurer impartiaux par rapport à ce conflit parce que celui-ci les concerne tous. Connaître la situation et les enjeux puis toujours décider de ne pas appuyer les profs démontre du « je-m’en-foutisme » colossal. On pourrait se demander si cette prise de position ne serrait pas reliée à un certain projet de construction qui va commencer sous peu, un projet d’ailleurs qui dépend de l’appui administratif pour sa réussite. Bien non, ce serait beaucoup trop cynique de croire que les associations préféreraient ne pas offusquer l’administration, même si cela se fait au détriment des profs et de leurs membres. Les autres syndicats étudiants doivent combler le vide lié à l’inaction de l’SGA, non seulement parce que les étudiants méritent des actions concrètes de la part de leurs porte-paroles, mais aussi parce qu’ils vont leur demander une reddition de comptes par rapport à leur inaction.

Malgré le manque d’implication au niveau associatif, plusieurs étudiantes et étudiants soutiennent les profs de leur propre initiative. D’ailleurs, aujourd’hui, un groupe d’étudiants va se joindre aux professeurs, une belle initiative à laquelle tous devraient se joindre. Les étudiants d’architecture ont également monté une structure au centre-ville en guise d’appui pour les profs. Voilà ce que ce conflit nécessite : de la solidarité. Et il nous en faut certainement plus. On ne sait pas quand la grève va finir, mais ce qui est certain, c’est que l’administration va continuer à insulter les profs en tentant d’empirer leurs conditions de travail à moins que les étudiants ne prennent la parole et s’y intègrent parmi la discussion. C’est le temps de devenir des activistes étudiants, de se joindre aux profs et d’envoyer chier les administrateurs, un café et une pizza à la fois.

Nota bene : Cet article, comme tout autre éditorial, ne représente pas nécessairement les orientations politiques des partenaires, bailleurs de fonds, ou des autres rédacteurs de l’Orignal déchaîné.

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Alex Tétreault
Alex en 10 mots : Adulte en herbe, Poutine, Théâtre, Féminazi radical de gauche, Patate, Chats, Harry Potter, Théâtre, Burritos, Politique.

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