Le 4 novembre, lors des portes ouvertes à l’UL, l’équipe de la Students’ General Association faisaient le tour de l’atrium, des gros sourires plaqués sur la face. C’était un peu téteux, oui, mais c’était l’accueil chaleureux que tous les gens veulent recevoir en arrivant chez nous. De son côté, l’AEF ne s’est pas pointée. Des jeunes francophones passaient à côté de la table, confus par le fait que leur future association n’était pas là pour les accueillir. Comment nous sommes-nous rendus à ce point-ci, où les défenseurs de la francophonie ne s’en câlissent même pas assez pour tenter de rencontrer leurs futurs membres?

Fondée en 1974 par des étudiants insatisfaits par le manque de représentation et de gouvernance francophones en politique étudiante, l’Association des étudiant(e)s francophones a toujours lutté pour assurer la pérennité du fait francophone chez nous. Pour plus de quarante ans, l’AEF a joué le rôle de championne pour la minorité francophone. Elle s’engageait dans la communauté et n’avait pas peur de demander des redevances de la part de l’administration. Alors que l’on critiquait souvent l’SGA d’être trop chummy avec l’administration, on pouvait toujours compter sur les francophones à prendre la parole.

Cette année, le manque d’engagement associatif est flagrant. Les étudiants s’efforcent à nommer les évènements organisés cette année. (Hint : Il n’y en a pas eu beaucoup.) Pendant que les professeurs passaient leurs journées sur les piquets de grève plus tôt cette année, l’AEF a maintenu le silence total. On ne peut que se questionner sur les raisons possibles pour ce déclin. Depuis l’élimination du choix d’association qui a mis fin à la rivalité AEF/SGA, est-ce que l’AEF se contente de ne plus faire du outreach?  Certes, les jeunes sont de moins en moins engagés, mais ce n’est pas une excuse pour ne plus interagir avec ses membres. Il y a sans doute du travail qui se fait en arrière-scène, mais si les étudiants n’en voient aucun résultat, quel est le but?

 

 

 

 

 

Environ deux heures après le début des portes ouvertes, on a serré la table qui leur était réservée. Il y avait de quoi de poétique à les regarder faire. Personne ne s’est posé des questions. On a pris pour acquis que les francophones s’en foutaient. En milieu minoritaire, on ne peut se permettre de donner cette impression. Show up, ou risque sombrer dans l’oubli et l’obsolescence. La place de la francophonie sur notre campus n’est aucunement garantie; il faut la faire nous autres mêmes. Sans une présence et un engagement accru de la part de l’équipe à l’AEF, la francophonie risque disparaître chez nous.

Une étudiante francophone actuelle est passée à côté de moi après qu’ils aient serrés la table. « C’est dommage qu’on peut plus changer d’association maintenant. » Malheureusement, je ne la blâme aucunement.

 

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