En 2015, l’hôpital Horizon Santé-Nord (HSN) a coupé environ trente-quatre emplois d’infirmières et infirmiers. Suite à une grève, les infirmières sont retournées au travail même si leurs demandes n’ont pas été respectées. Plus tôt cette année, le syndicat des infirmières a tenu un vote pour retourner en grève pour mettre de la pression sur le conseil d’administration de l’hôpital pour qu’ils satisfassent, cette fois, leurs demandes. Ceci m’apporte à contester la valeur perçue des infirmières et des infirmiers.

Pour commencer, une infirmière fait un programme de 4 ans qui est super chargé et très difficile. De plus, il y a les heures de session cliniques, où elles font un placement non rémunéré pour plusieurs heures. Pendant ces heures, elles prennent soin de leurs patients, ce qui comprend les nettoyer (douche ou bain), ramasser leurs dégâts (nourritures, dégâts de besoins, etc.), répondre à toutes leurs demandes, leur donner leurs médicaments, donner des piqures, etc. Elles ont d’ailleurs plusieurs patients sous leurs charges. Le placement lui-même prend une énorme quantité d’énergie et joue un rôle important pour le niveau de stress que ces étudiants et étudiantes ressentent. À tout ceci, on ajoute une charge de cours intense et des pleines journées passées à étudier dans le but de passer leurs tests et examens. Lorsqu’elles obtiennent leurs diplômes, elles peuvent entrer dans le monde du travail, se spécialiser (devenir infirmière pédiatrique par exemple) ou continuer leur cheminement académique pour devenir une infirmière praticienne. Les infirmières praticiennes peuvent diagnostiquer les patients, recommander des formes de traitement ainsi que prescrire des médicaments. Une fois sur le marché du travail, les infirmières, peu importe leur niveau de spécialisation, ont plus de patients et apprennent toujours des nouvelles pratiques en médecine ainsi que de nouvelles techniques pour interagir et maintenir le confort de leurs patients. En bout de ligne, pour leur travail, les infirmières ont un salaire moyen de 67 000 $, ou bien 97 000 $ si on est infirmière praticienne.

Pour faire la comparaison, pour devenir médecin, on doit aller à l’école de médecine, compléter son programme et ses placements pour apprendre à appliquer leurs connaissances. Après, elles peuvent se spécialiser ou entrer dans un programme de résidence où elles sont assignées des patients duquel elles doivent prendre la charge quand ça vient à leur santé. Ces tâches englobent, généralement, offrir un diagnostic, prescrire des médicaments et garder un œil sur l’état de leur santé, ajustant les médicaments ou les traitements en fonction.

Ça sonne redondant non? Les infirmières praticiennes ont le droit de faire exactement la même chose, mais tout en répondant à tous les besoins qu’ont leurs patients, changer les draps de leurs lits, leur donner leurs repas, administrer leurs médicaments, etc. Par contre, une médecin reçoit un salaire annuel comparativement élevé ; une pédiatre remporte en moyenne 189 000 $ et une orthopédiste peut gagner au-delà de 400 000 $.

Avec cette connaissance, qu’en est-il de la valeur d’une infirmière praticienne contre celle d’une médecin? Les deux ont le droit de prescrire des médicaments, les deux proposent des voies de traitement, les deux surveillent la santé des patients desquels ils prennent soin, les deux apprennent constamment au sujet de nouvelles techniques et de nouvelles médecines et les deux peuvent se spécialiser. À vraie-dire, certains postes occupés par des infirmières peuvent être mieux rémunérés que ceux de certaines médecins, mais ceci prend des années d’éducation ainsi que des milliers d’heures d’expérience. La seule différence entre une infirmière et une médecin est que la loi, ainsi que la société, ont attribuées aux médecins le privilège ainsi que le fardeau final quant au soin d’un patient.

Ceci dit, dans mes yeux, une infirmière à plus de valeur qu’une médecin puisqu’elles jouent constamment un rôle actif chez les patients. Elles sont les vraies héroïnes non reconnues dans le monde de la médecine. Alors, où est la justice qui leur est dû? Pourquoi est-ce qu’on coupe leurs emplois à elles lorsqu’il y a des troubles financiers et pourquoi est-ce qu’elles sont tellement sous-payées? Juste quelque chose de quoi discuter.

 

Nota bene :  L’utilisation du genre féminin a été adoptée afin de faciliter la lecture et n’a aucune intention discriminatoire. Veuillez également noter que les opinions exprimées dans ce texte demeurent celles de son auteur et ne représentent pas nécessairement celles des employés ou des membres du Conseil d’administration des Productions médiatiques l’Orignal déchaîné, ni de ses partenaires, contribuables ou bailleurs de fonds.

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