Une étudiante tchèque tient salon avec des francosudburois

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Est-ce que vous savez qu’il existe un instrument auquel nous pouvons jouer sans le
toucher ? Moi, jusqu’au 3 novembre dernier, je ne le savais pas. Mais, grâce à une soirée littéraire, j’ai pu en faire la découverte, une parmi tant d’autres.

J’avais la chance d’avoir fait la connaissance de Daniela Moisa, la chef du Département de
culture et communication à l’Université de Sudbury, qui m’avait invitée à cette soirée littéraire qui appartenait aux rencontres littéraires Tenir salon, organisées par le Salon du livre du Grand Sudbury. Pour quelqu’un qui est venu de République tchèque faire une recherche sur la littérature franco-canadienne, une pareille soirée littéraire ne peut jamais être une déception.

Le romancier montréalais Sean Michaels est venu présenter son oeuvre Corps conducteurs. Ce roman d’amour et de science se déroule dans les années vingt et trente et raconte la vie du musicien Lev Sergueïevitch Termen (connu sous le nom Léon Theremin). C’est le soldat carinien préféré par Lenin, espion, émigré, seul prisonnier du goulag récompensé par l’ordre de Staline, mais, notamment, l’inventeur du premier instrument électronique qui est joué sans aucun contact – la thérémine. Cette liste suffit pour que le lecteur soit captivé par l’histoire de sa vie.

Sean Michaels nous fait une démonstration de sa thérémine. Photo : Le Salon du livre du Grand Sudbury

Pendant toute la soirée, qui faisait partie du festival Wordstock Sudbury 2017 et avait été organisée en partenariat avec celui-ci, l’ambiance était détendue et chaleureuse. J’ai beaucoup apprécié le concept lui-même qui offre un contact direct avec l’écrivain dans le confort du foyer : l’événement s’est déroulé dans la maison d’Aurélie Lacassagne, professeure agrégée de science politique à l’Université Laurentienne. La discussion, menée par la poète Chloé Laduchesse, se tenait en français, mais l’auteur, qui est plus à l’aise en anglais, s’exprimait des fois en anglais. Il s’est excusé, mais cela ne gênait personne, d’autant pas moi – quelqu’un qui aime Sudbury pour son bilinguisme. À la fin, Sean a fait une petite démonstration de thérémine et tout le monde a ensuite été invité à l’essayer.

Photo : Le Salon du livre du Grand Sudbury

Un des buts principaux de tous les programmes d’échange est de découvrir des choses
auxquelles nous n’avons normalement pas accès et de mieux comprendre différentes
cultures. Les deux se sont réalisés pour moi durant cette soirée. J’ai pu également rencontrer des gens de la communaté francophone à laquelle je m’intéresse parce que j’écris un mémoire sur ce thème. Il faut sortir de notre zone de confort (l’expression très populaire de nos jours) et participer aux événements divers. C’est la seule façon de profiter au maximum de ce genre de séjour. Comme dit Jacques Prévert : « Plus tard cela sera trop tard. Notre vie c’est maintenant. »

Corps conducteurs est publié chez les Éditions Alto et est disponible pour achat sur son site web. La version originale en anglais, Us Conductors, est publié chez Penguin Random House Canada et est disponible en librairie.

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