Une lettre ouverte aux partisans de Donald Trump : Partie II

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Lisez la première partie de ce texte, publiée le 9 novembre 2016, ici.

Il y a un an exactement, j’étais assis, avec plein d’autres jeunes politologues en herbe, au Townehouse à deux heures du matin, à regarder avec stupéfaction le résultat de l’élection présidentielle américaine. Je ne voulais même plus regarder l’écran qui, diffusant habituellement le hockey ou quelque événement sportif, nous harcelait avec notre nouvelle réalité. Une femme, compétente, intelligente et humaine, a été surpassée par un pamplemousse infantile ambulant, sans cœur et sans cervelle, malgré avoir remporté le plus de votes.

J’ai eu peur pour tous les Américains. Pour les jeunes adultes et étudiants qui devaient maintenant vivre dans une société qui allait devenir moins juste. Pour mes amis qui allaient devoir vivre dans ce nouveau climat ouvertement nationaliste, raciste et xénophobe. Pour l’avenir rendu incertain. Maintenant, je n’ai plus peur par contre. Je ressens toujours un creux dans le ventre quand j’allume les nouvelles, mais, maintenant, je suis en câlisse.

Vous pourriez me dire que ça ne change rien à ma vie, que c’est dans un autre pays et que je devrais arrêter de chialer. Je vous enverrais chier, parce que notre monde est beaucoup plus interconnecté qu’on ne le pense. Nos frontières ne sont pas (encore) des murs imperméables qui ne laissent rien entrer chez nous. De toute façon, moi aussi je suis tanné de m’entendre chialer. Je préférerais ne pas avoir à le faire! Mais tous les jours, c’est quelque chose de nouveau, on baisse la barre encore plus. Ce serait comique si ce n’était pas si tragique. Des pauvres gens, des gens désespérés, des gens menacés économiquement se sont tous fait avoir par Trump. Et ils se font toujours avoir. Il semblerait qu’il vaut mieux continuer à espérer et à mettre sa pleine confiance en quelqu’un qui ne nous aide pas que de réaliser qu’on a été enjôlé par le Pied Piper de la bullshit. J’espère au moins que ça clique bientôt chez vous.

Je n’ai pas le temps, ni la patience ou l’estomac assez fort pour vous dresser une liste complète de tout ce qu’il a fait de cave, même juste dans le dernier mois. Mais, de façon continue, il continue à apaiser la droite extrême et le lobby des armes à feu, à couper en éducation et en environnement, à faire de la diplomatie à partir de Twitter, à privilégier des opinions xénophobes, à mentir carrément à longueur de journée, à traîner son pays en arrière dans le temps. Il ne vide pas la swamp, comme vous aviez crié haut et fort qu’il ferait, il la fait déborder, de l’eau stagnante, pleine de bibittes et de déchets, s’étendant sur le pays, sur le continent et sur le monde. On devra attendre que l’enquête de Robert Mueller sur l’ingérence russe fasse un peu de ménage, parce que Trump semble être tout à fait à l’aise là-dedans, comme un cochon dans la marde.

Je n’ai plus l’énergie pour vous débattre, chers membres du culte de Trump. Certains d’entre vous ont peur, je le comprends. Certaines de vos craintes sont légitimes; vous êtes malades, vous risquez perdre votre emploi d’un jour à l’autre et vos factures sont en retard. Ces inquiétudes, personne ne vous les reproche. Mais plusieurs d’entre vous manquent tout simplement de l’empathie. On doit au moins partir du constat que tous les humains sont des humains pour avoir une discussion qui a de l’allure. Je le sais, je suis un flocon de neige féminazi globaliste radical de gauche (tous des étiquettes qu’ont m’a affiché dans la dernière année, en pensant). Appelez-moi ce que vous voulez, ça ne changera rien. Je ne me pense pas mieux que vous, mais ça ne prend pas un cent watts pour remarquer que certaines de vos croyances sont arriérées et purement xénophobes.

La seule chose qui me rassure dans toute cette affaire c’est que la majorité des gens s’opposent au gouvernement. À maintes reprises, les citoyens prennent la rue et luttent non seulement pour eux, mais également pour vous, ceux et celles qui appuient Trump. Ce sont ces gens-là les vrais patriotes, pas vous. Parce que tu ne peux pas dire que tu adores ton pays, tout en haïssant une grande portion de ceux qui y demeurent. Malgré, c’est vrai que l’hypocrisie est omniprésente chez vous.

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