In memoriam

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Tous les matins, en allant au travail, je vois le terrain de stationnement qui lui sera bientôt un monument. Quand j’entends son nom, je ressens les coeurs monter dans la gorge collective des gens autour de moi. Je dois avouer que je ne saistoujours pas quoi faire, comment faire. Il n’est pas difficile de croire que nous digérons toujours tous mal ça.

Il y a un an, j’apprenais la nouvelle. Son visage a envahi mes réseaux. Un poing s’est installé dans mon ventre. Il est toujours là, se voulant discret, jusqu’à ce que son image revienne en focus. Il est difficile de comprendre comment la mémoire d’une femme chroniquement souriante peut apporter tellement de douleur.

Ces moments, ces sentiments, sont des rappels qu’elle n’est jamais loin de nous, que par nos actions, nous tentons de faire ce qu’elle aurait voulu accomplir. Elle ne nous a pas quittés. Pas vraiment, en tout cas. C’est cliché de le dire, mais elle prend ces pas avec nous.

Parce que ce qui est clair dans tout ça, c’est que notre phare ne s’est jamais éteint. Il reste toujours des traces de sa lumière, floues, mais visibles, dans le travail que fait la communauté. Bien qu’elle ne soit plus là physiquement pour guider notre chemin, sa mémoire l’est.

Depuis un an, on fonce. On travaille plus ardemment que jamais. Les efforts se multiplient, pour faire de sa vision une réalité. Nous sommes rendus à l’aube de sa place, notre place, qu’elle nous laisse en legs. Il semble que la communauté a compris ce qu’il fallait faire, parce qu’elle nous a montré comment persévérer. Nous avons hérité de sa ténacité. Soit ça, ou nous nous l’imaginons nous dire de nous déniaiser puis de bûcher parce qu’il faut que la pelle soit dans la terre au plus sacrant. Son énergie, son ouverture d’esprit, son rire contagieux sont toujours là, dans nos coeurs et notre travail.

Son absence a laissé un cratère béant parmi nous. Mais, plutôt que le laisser s’agrandir, nous avaler tout rond, nous l’avons rempli. Rempli d’amour. Les fragments de son amour à elle, qu’elle avait laissée chez chacun d’entre nous, chacune et chacun qui ont eu le plaisir de la croiser.

Ça fait un an que la nouvelle me tourbillonne dans la tête. Ça fait un an que la nouvelle est gravée dans ma matière grise. Ça fait un an depuis que j’ai entendu son rire de matante, plein d’amour. Et j’espère ne jamais l’oublier. Nous ne pouvons pas nous permettre de l’oublier.

Merci, Paulette.

 

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