Les francophones devraient-ils se sentir coupables par rapport à l’emploi d’une expression anglaise ? Depuis quelque temps, c’est une question centrale dans les débats entre grammairiens, linguistes et partisans de la langue française. Au cœur de ses derniers, les opinions s’opposent énormément : certains d’entre eux croient que l’usage d’anglicismes, c’est-à-dire l’utilisation d’un mot anglais ou d’une tournure de phrase anglaise, est un phénomène naturel et que les francophones devraient, en fait, s’adapter à l’influence anglo-américaine. Contrairement, d’autres pensent fortement que les anglicismes sont non seulement inutiles, mais qu’ils nuisent à la pureté de notre langue.

Dans notre belle province bilingue, il est impossible de nier l’influence mutuelle des deux langues parmi les locuteurs. Cependant, étant donné le trait dominant de l’anglais – la langue la plus parlée à l’échelle mondiale – les anglicismes se faufilent de plus en plus dans le vocabulaire des Franco-ontariens. Donc, la question reste : comment pouvons-nous effacer les anglicismes pour de bon?  À cet effet, il existe des organismes qui cherchent à atténuer l’utilisation d’expressions anglaises en proposant des équivalents français, s’il n’en existe pas déjà. Notamment, l’Académie française, dans sa rubrique intitulée Dire, Ne pas dire, corrige les anglicismes et suggère parfois des néologismes, autrement dit des nouveaux mots, afin de remplacer les expressions anglaises que l’on utilise improprement. Parmi eux existent aussi FranceTerme, TERMIUM et la Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française. Ce sont de très bons outils… pourvu que nous sachions qu’ils existent. Le manque de diffusion de ces ressources fait en sorte qu’une grande majorité de la population franco-ontarienne fait quand même usage d’anglicismes quotidiennement, malgré les efforts de ces organismes à enrichir notre langue.

Pour certains, la langue française évolue et s’adapte en dépit de l’utilisation des expressions anglophones tandis que pour d’autres, elle est contaminée, voire assimilée pour cette même raison. D’après mes recherches, je ne crois pas que la langue française s’atténue en raison des anglicismes puisqu’on ne perd pas notre langue en insérant ici et là des mots anglais dans notre lexique, mais plutôt en choisissant de ne pas la parler du tout. Comme francophones, nous devons faire l’effort de consulter les ressources disponibles afin de diminuer notre usage de mots ou d’expressions anglaises. Il ne faut certainement pas crier au meurtre lorsqu’on entend un anglicisme ! Mais simplement s’informer l’un et l’autre de la bonne tournure de phrase.

 

 

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