En 2017, le chef-d’œuvre surnommé Salvator Mundi, également reconnu comme le Sauveur du monde, a été vendu aux enchères pour une somme astronomique de $ 450 000 000 de dollars américains! Cette somme exorbitante a ébranlé la communauté mondiale des encans, étant la peinture la plus dispendieuse du monde à ce jour. Selon les experts dans le domaine, cette œuvre d’art, créée par Léonard de Vinci, date de la fin du XVe siècle, autour de 1490. Mais comment s’assurer que ce chef-d’œuvre mystérieux est authentique? Ou même, comment est-ce possible d’attribuer un artiste et une époque précise à une peinture? Une chose certaine, la fraude des beaux-arts n’est pas un problème nouveau, et date depuis plusieurs siècles.

Aujourd’hui, la médecine légale peut être utilisée pour identifier les mystérieux chefs-d’œuvre et ces techniques médico-légales sont été appliquées pour aider à déterminer l’authentification et la vérification des beaux-arts tels que les peintures. En effet, une authentification approfondie et minutieuse nécessite une analyse scientifique et non scientifique afin d’établir l’authenticité d’un objet.

Les deux méthodes traditionnelles non scientifiques dans l’authentification impliquent la provenance et la connaissance. Pour commencer, la provenance est déterminée par l’historique du chef-d’œuvre et constitue tous les documents de titularité et les dossiers et archives personnels incluant le nom du propriétaire, la date d’achat, les factures et les reçus. Ces documents peuvent aider à prouver l’authenticité des objets, mais peuvent être inefficaces si des lacunes existent dans la documentation de son historique, par exemple s’il y a une période particulière non identifiée. Il faut aussi être vigilant de la possibilité des documents falsifiés. Dans le cas de Salvator Mundi, la provenance n’est pas complète, mais il y a un consensus de son originalité, et que celle-ci avait été peinte pour le roi de France Louis XII. Ensuite, elle fut transférée à la monarchie de l’Angleterre un peu plus tard, avant de disparaitre pour près de 150 années. La peinture a réapparu dans le XXe siècle, étant très endommagée, et a été soumise à plusieurs étapes de restaurations élaborées, tout en passant à travers la possession de quelques individus.

Cependant, la connaissance, une méthode plus subjective, est basée sur la formation et l’opinion des experts. Ceux-ci sont souvent attentifs aux anachronismes, tels que la présence d’un pigment ou une technique de coup de pinceau qui ne reflètent pas le style de l’artiste, mais leurs conclusions ne sont pas nécessairement objectives.

Au contraire, l’analyse scientifique est une méthode beaucoup plus objective et robuste, et diverses évaluations peuvent être effectuées, dépendant du type de matériel afin d’identifier ou de confirmer une œuvre d’art. Premièrement, le microscope, optique ou même parfois à balayage d’électrons, est une façon plutôt simple d’évaluer le chef d’œuvre et peut aider à observer les couches de peinture en plus de la craquelure, qui représente les fissures naturelles formées sur la peinture en séchant. Ce phénomène est excessivement difficile à falsifier et dupliquer, car différentes peintures, produites à différentes périodes auront différents motifs.

La réflectographie à l’infrarouge peut être utilisée pour détecter des pentimenti, ou des modifications par l’artiste original. Cette technique est basée sur le principe que la lumière infrarouge peut pénétrer les couches de pigments, contrairement au spectre visible de lumière, et ressortir les ébauches au fusain ou charbon, maintenant invisible à l’œil nu. La radiographie peut déterminer si l’artiste a réutilisé une toile. Les faussaires astucieux savent que pour faire une fraude convaincante, il faut aussi que le cadre et la toile soient de la même ère que la peinture. La radiographie peut également déterminer si la peinture a une seconde peinture cachée ci-dessous. Cependant, les scientifiques doivent tenir compte qu’auparavant, les artistes dépourvues réutilisaient parfois leurs toiles pour épargner de l’argent.

La spectrométrie de masse est une technique extrêmement sensible qui peut donner un aperçu du niveau moléculaire de la peinture, indiquant la structure des éléments et des molécules permettant d’identifier les minéraux et les pigments synthétiques présents. Une analyse scientifique a déterminé que la peinture Salvator Mundi contenait du lapis-lazuli, un pigment bleu très rare, qui aurait été importé de l’Afghanistan. Ce pigment azur très précieux et était plus cher que l’or, et il est très probable que seulement un artiste avec statut social respecté, tel que Léonard de Vinci aurait été capable le procurer.

Pour certains objets d’art, la datation au carbone 14 peut être effectuée pour mesurer la désintégration de l’isotope radioactif du carbone 14 et peut aussi être employée pour dater une œuvre d’art. Cependant, l’utilisation du radiocarbone est limitée aux échantillons organiques, tels que le papier et le bois, et est moins précise et exacte, à cause du large écart d’estimation.

De nos jours, il est possible d’assurer une interprétation fiable et de certifier un chef-d’œuvre, en considérant la provenance, la connaissance et l’analyse scientifique collectivement. Parfois, le but n’est pas nécessairement de réfuter les contrefaits et les fausses peintures, mais plutôt de recueillir autant d’information pertinente au sujet d’un objet afin de pouvoir l’identifier, et donner une histoire et un contexte. L’aspect scientifique est devenu primordial utilisé pour identifier les objets et pour détecter des falsifications artistiques ce qui indique le désir de comprendre l’origine et créer une appréciation pour les arts. Réfléchissez à cette question la prochaine fois que vous admirez les chefs-d’œuvre au musée!

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