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mar 25 Juin 2019
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Sous le microscope : est-ce un chef-d’oeuvre authentique ou falsifié?

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En 2017, le chef-d’œuvre surnommé Salvator Mundi, également reconnu comme le Sauveur du monde, a été vendu aux enchères pour une somme astronomique de $ 450 000 000 de dollars américains! Cette somme exorbitante a ébranlé la communauté mondiale des encans, étant la peinture la plus dispendieuse du monde à ce jour. Selon les experts dans le domaine, cette œuvre d’art, créée par Léonard de Vinci, date de la fin du XVe siècle, autour de 1490. Mais comment s’assurer que ce chef-d’œuvre mystérieux est authentique? Ou même, comment est-ce possible d’attribuer un artiste et une époque précise à une peinture? Une chose certaine, la fraude des beaux-arts n’est pas un problème nouveau, et date depuis plusieurs siècles.

Aujourd’hui, la médecine légale peut être utilisée pour identifier les mystérieux chefs-d’œuvre et ces techniques médico-légales sont été appliquées pour aider à déterminer l’authentification et la vérification des beaux-arts tels que les peintures. En effet, une authentification approfondie et minutieuse nécessite une analyse scientifique et non scientifique afin d’établir l’authenticité d’un objet.

Les deux méthodes traditionnelles non scientifiques dans l’authentification impliquent la provenance et la connaissance. Pour commencer, la provenance est déterminée par l’historique du chef-d’œuvre et constitue tous les documents de titularité et les dossiers et archives personnels incluant le nom du propriétaire, la date d’achat, les factures et les reçus. Ces documents peuvent aider à prouver l’authenticité des objets, mais peuvent être inefficaces si des lacunes existent dans la documentation de son historique, par exemple s’il y a une période particulière non identifiée. Il faut aussi être vigilant de la possibilité des documents falsifiés. Dans le cas de Salvator Mundi, la provenance n’est pas complète, mais il y a un consensus de son originalité, et que celle-ci avait été peinte pour le roi de France Louis XII. Ensuite, elle fut transférée à la monarchie de l’Angleterre un peu plus tard, avant de disparaitre pour près de 150 années. La peinture a réapparu dans le XXe siècle, étant très endommagée, et a été soumise à plusieurs étapes de restaurations élaborées, tout en passant à travers la possession de quelques individus.

Cependant, la connaissance, une méthode plus subjective, est basée sur la formation et l’opinion des experts. Ceux-ci sont souvent attentifs aux anachronismes, tels que la présence d’un pigment ou une technique de coup de pinceau qui ne reflètent pas le style de l’artiste, mais leurs conclusions ne sont pas nécessairement objectives.

Au contraire, l’analyse scientifique est une méthode beaucoup plus objective et robuste, et diverses évaluations peuvent être effectuées, dépendant du type de matériel afin d’identifier ou de confirmer une œuvre d’art. Premièrement, le microscope, optique ou même parfois à balayage d’électrons, est une façon plutôt simple d’évaluer le chef d’œuvre et peut aider à observer les couches de peinture en plus de la craquelure, qui représente les fissures naturelles formées sur la peinture en séchant. Ce phénomène est excessivement difficile à falsifier et dupliquer, car différentes peintures, produites à différentes périodes auront différents motifs.

La réflectographie à l’infrarouge peut être utilisée pour détecter des pentimenti, ou des modifications par l’artiste original. Cette technique est basée sur le principe que la lumière infrarouge peut pénétrer les couches de pigments, contrairement au spectre visible de lumière, et ressortir les ébauches au fusain ou charbon, maintenant invisible à l’œil nu. La radiographie peut déterminer si l’artiste a réutilisé une toile. Les faussaires astucieux savent que pour faire une fraude convaincante, il faut aussi que le cadre et la toile soient de la même ère que la peinture. La radiographie peut également déterminer si la peinture a une seconde peinture cachée ci-dessous. Cependant, les scientifiques doivent tenir compte qu’auparavant, les artistes dépourvues réutilisaient parfois leurs toiles pour épargner de l’argent.

La spectrométrie de masse est une technique extrêmement sensible qui peut donner un aperçu du niveau moléculaire de la peinture, indiquant la structure des éléments et des molécules permettant d’identifier les minéraux et les pigments synthétiques présents. Une analyse scientifique a déterminé que la peinture Salvator Mundi contenait du lapis-lazuli, un pigment bleu très rare, qui aurait été importé de l’Afghanistan. Ce pigment azur très précieux et était plus cher que l’or, et il est très probable que seulement un artiste avec statut social respecté, tel que Léonard de Vinci aurait été capable le procurer.

Pour certains objets d’art, la datation au carbone 14 peut être effectuée pour mesurer la désintégration de l’isotope radioactif du carbone 14 et peut aussi être employée pour dater une œuvre d’art. Cependant, l’utilisation du radiocarbone est limitée aux échantillons organiques, tels que le papier et le bois, et est moins précise et exacte, à cause du large écart d’estimation.

De nos jours, il est possible d’assurer une interprétation fiable et de certifier un chef-d’œuvre, en considérant la provenance, la connaissance et l’analyse scientifique collectivement. Parfois, le but n’est pas nécessairement de réfuter les contrefaits et les fausses peintures, mais plutôt de recueillir autant d’information pertinente au sujet d’un objet afin de pouvoir l’identifier, et donner une histoire et un contexte. L’aspect scientifique est devenu primordial utilisé pour identifier les objets et pour détecter des falsifications artistiques ce qui indique le désir de comprendre l’origine et créer une appréciation pour les arts. Réfléchissez à cette question la prochaine fois que vous admirez les chefs-d’œuvre au musée!

In memoriam

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Tous les matins, en allant au travail, je vois le terrain de stationnement qui lui sera bientôt un monument. Quand j’entends son nom, je ressens les coeurs monter dans la gorge collective des gens autour de moi. Je dois avouer que je ne saistoujours pas quoi faire, comment faire. Il n’est pas difficile de croire que nous digérons toujours tous mal ça.

Il y a un an, j’apprenais la nouvelle. Son visage a envahi mes réseaux. Un poing s’est installé dans mon ventre. Il est toujours là, se voulant discret, jusqu’à ce que son image revienne en focus. Il est difficile de comprendre comment la mémoire d’une femme chroniquement souriante peut apporter tellement de douleur.

Ces moments, ces sentiments, sont des rappels qu’elle n’est jamais loin de nous, que par nos actions, nous tentons de faire ce qu’elle aurait voulu accomplir. Elle ne nous a pas quittés. Pas vraiment, en tout cas. C’est cliché de le dire, mais elle prend ces pas avec nous.

Parce que ce qui est clair dans tout ça, c’est que notre phare ne s’est jamais éteint. Il reste toujours des traces de sa lumière, floues, mais visibles, dans le travail que fait la communauté. Bien qu’elle ne soit plus là physiquement pour guider notre chemin, sa mémoire l’est.

Depuis un an, on fonce. On travaille plus ardemment que jamais. Les efforts se multiplient, pour faire de sa vision une réalité. Nous sommes rendus à l’aube de sa place, notre place, qu’elle nous laisse en legs. Il semble que la communauté a compris ce qu’il fallait faire, parce qu’elle nous a montré comment persévérer. Nous avons hérité de sa ténacité. Soit ça, ou nous nous l’imaginons nous dire de nous déniaiser puis de bûcher parce qu’il faut que la pelle soit dans la terre au plus sacrant. Son énergie, son ouverture d’esprit, son rire contagieux sont toujours là, dans nos coeurs et notre travail.

Son absence a laissé un cratère béant parmi nous. Mais, plutôt que le laisser s’agrandir, nous avaler tout rond, nous l’avons rempli. Rempli d’amour. Les fragments de son amour à elle, qu’elle avait laissée chez chacun d’entre nous, chacune et chacun qui ont eu le plaisir de la croiser.

Ça fait un an que la nouvelle me tourbillonne dans la tête. Ça fait un an que la nouvelle est gravée dans ma matière grise. Ça fait un an depuis que j’ai entendu son rire de matante, plein d’amour. Et j’espère ne jamais l’oublier. Nous ne pouvons pas nous permettre de l’oublier.

Merci, Paulette.

 

Le 25 septembre, j’achète un livre franco-ontarien

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Le 25 septembre. Cette date qui a tant d’importance dans notre communauté franco-ontarienne. Depuis 1975, on utilise cette journée pour se rassembler et célébrer notre culture. Une initiative récente a pour but de promouvoir la littérature francophone en Ontario, et invite toute la province à acheter un livre d’un auteur local le 25 septembre. Cet événement a lieu depuis quelques années au Québec, le 12 août.

La littérature franco-ontarienne est devenue beaucoup moins accessible depuis la fermeture des librairies francophones à Sudbury. Les Éditions Prise de Parole organisent donc un événement à la boutique One Sky au centre-ville de Sudbury, où deux auteurs locaux seront présents pour vous écrire des poèmes individuels avec l’achat d’un livre franco-ontarien. Vous pouvez donc retrouver Antoine Côté-Legault de 11h30 à 13h ainsi que Daniel Aubin de 16h30 à 18h. Une variété de livres seront en vente, grâce à la Librarie du Soleil et la Librairie Mosaïque. Il est également possible de commander des livres des librairies Il était une fois à Oakville, la Librairie Le Nord à Hearst, ainsi que Le coin du livre à Ottawa.

La littérature franco-ontarienne est riche mais n’est souvent pas répandue autant qu’elle le devrait. D’ailleurs, Omer Cantin, libraire à La Librairie Le Nord à Heart, mentionne que « le livre franco-ontarien a très peu d’exposition sur quelque plateforme que ce soit. Donc une activité comme « le 25 septembre, j’achète un livre franco-ontarien » est une façon de montrer que le livre franco-ontarien existe, qu’il est diversifié et qu’il se compare à n’importe quel livre d’ailleurs. C’est une façon de peut-être le découvrir, de l’apprécier et le cas échéant, de vouloir le connaître davantage. Au Québec, la dernière édition de cette campagne a très bien marché, espérons qu’elle connaîtra aussi beaucoup de succès en Ontario et pour ses éditeurs et pour ses librairies. »

Pour les francophiles ou les francophones d’hors de l’Ontario, cet événement est également une bonne opportunité de découvrir les bijoux de la littérature franco-ontarienne. Nathalie Vincke, libraire à Il était une fois à Oakville, est d’origine Belge et note : « je remarque quand même par le biais de notre club de lecture adulte, où nous alternons les éditions canadiennes et européennes, que la culture littéraire est quand même fort différente. Aussi au niveau de la langue (alors que c’est la même), ce n’est pas toujours évident de tout comprendre. Mais comme toute différence, il faut le prendre comme une richesse de rencontrer autre chose. J’apprends beaucoup sur mon pays d’accueil pour le biais de la littérature. »

L’Orignal Déchaîné espère que vous vous prêterez au jeu le 25 septembre et dénicherai une œuvre littéraire franco-ontarienne. Si vous ne savez pas par où commencer, voici quelques favoris de notre équipe :

  • Sudbury, Patrice Desbiens.
  • French Town, Michel Ouellette.
  • À tire d’ailes, Sonia Lamontagne.
  • Néologirouettes, Daniel Aubin.
  • D’éclats de peine, Brigitte Haentjens.

Oké-là, sacrament, allez donc voter!

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J’espère que je ne vous apprends rien de nouveau ici, mais il y a une élection provinciale dans trois jours. Si vous le saviez déjà et vous planifiez déjà aller voter, ce texte n’est pas vraiment pour vous. Non, je m’adresse plutôt à ceux qui s’en câlissent royalement. Je sais que j’ambitionne un peu en pensant qu’un court texte va changer de quoi, mais, à ce point-ci, si j’étais pas optimiste je serais déjà en plein milieu d’un virage de brosse qui va me durer les prochains quatre ans. Je vais tenter de vous expliquer pourquoi voter est important et défaire quelques idées préconçues.

1) « Bein, ça change quoi dans ma vie, cette élection-là? »

Vous pouvez penser que ça vous concerne pas, mais oui ça vous concerne! Évidemment! Vous habitez en Ontario! C’est certain que son gouvernement aura un impact direct sur votre vie. Votre dette étudiante vous écrase? Vous avez un salaire de marde? Vous payez trop cher pour votre hydro? Vous attendez des heures aux urgences? Ça découle tout du gouvernement provincial! Il a comme compétences tout ce qui se relie aux plus petits détails de votre vie. C’est donc tout aussi important de participer à son élection, surtout lorsqu’un gros cave menace de tout faire virer à la marde.

2) « Les politiciens, c’est juste une gang de crosseurs anyway! »

Non, contrairement à ce que du monde disent, les politiciens ne sont pas tous faits pareils et ils ne sont pas tous des crosseurs (malgré que ça, il n’y en manque pas!). À grande majorité, ceux et celles parmi nous qui se lancent en politique le font par ce qu’ils ont un réel désir de travailler en vue du bien commun. Ils ne sont pas tous l’ennemi.

3) « Fuck that, mes options sont toutes de la marde! »

Pas faire de choix, c’est un choix! Si vous n’allez pas voter, vous aurez donné votre appui implicite au parti et à son chef qui finissent par gagner. Vous avez le droit de ne pas aller voter si vous ne le voulez pas, mais ça vous ne rend pas cool, vous n’êtes pas rebelles et nous avons tous le droit de vous chier dessus à tout bout de champ pendant les prochains quatre ans. Tant qu’à y être, scrapper ton ballot de vote est aussi pire! T’aurais pris le temps de te déplacer aux urnes, ce qui est déjà une grosse partie du travail, et, parce que les candidats « ne t’ont pas vraiment plu », tu refuses de faire un choix. Oui, t’as le droit de le faire, mais câlisse ça te tentait pas de prendre un peu plus de temps pour faire de la recherche?

4) « Bein, j’ai pas reçu mon p’tit carton par la poste? »

C’est correct! Il se peut que t’aies oublié de t’enregistrer, ou bien qu’il a simplement été perdu dans la poste. Tu peux te pointer à un bureau de scrutin jeudi après-midi et t’enregistrer SUR LE SPOT! Ça va prendre un peu plus de temps (oublie pas d’apporter des pièces d’identification), mais tu vas quand même pouvoir voter!

5) « Ouin, mais ché pas si ça me tente d’y aller. Chu pas mal occupé! »

Ça prend deux minutes et c’est carrément le minimum que t’as à faire comme citoyen. Et nous, les jeunes, avant un pouvoir politique immense. Si on s’en sert pas, notre avenir va être décidé par les têtes grises et les chances sont grandes qu’on ne va pas trop apprécier leur choix.

Je ne sais honnêtement pas quoi d’autre vous dire. Si vous ne pensez pas que c’est important, alors vous n’allez pas y aller. Oublie le fait que des millions de personnes à travers le monde aimeraient bien avoir l’option d’élire leur gouvernement. J’ai assemblé ci-dessous une liste de ressources qui pourraient vous aider à faire un choix et qui peuvent vous donner une meilleure idée de ce qui va se passer lorsque vous allez voter, surtout si c’est votre première fois.

Donc, je vous implore, informez-vous et allez voter. Vous pouvez voter pour n’importe qui, je m’en sacre plus ou moins, du moins que vous vous déplaciez et fassiez votre devoir en tant que citoyen ou citoyenne.

Ressources utiles

Élections Ontario : Le département non partisan du gouvernement provincial qui veille au bon déroulement des élections. Toute information reliée au processus de voter, les candidats dans une circonscription, les bureaux de scrutin désignés et tout ce que vous pourriez vouloir connaître se trouve ici!

Plateforme du Parti libéral de l’Ontario
Plateforme du Parti progressiste conservateur de l’Ontario (en anglais seulement…surprise)
Plateforme du Nouveau Parti démocratique de l’Ontario
Plateforme du Parti vert de l’Ontario (en anglais seulement)

Boussole électorale de Radio-Canada : Un outil super utile qui vous demande de donner vos opinions face à certains enjeux et qui compare vos réponses aux plateformes des partis principaux pour vous donner une idée dans quel camp vous vous situez.

CBC Poll Tracker : Il est en anglais, mais cet outil compile des sondages publics et donne un aperçu des résultats de l’élection.

Vidéos des débats : Les chefs et certains candidats ont participé à une tonne de débats télévisés et/ou diffusés sur le web. C’est quand même intéressant de les voir en action.
Débat des chefs sur CityTV, 7 mai 2018
Débat des chefs sur les enjeux du Nord sur CPAC, 11 mai 2018
Débat des chefs sur CBC, 27 mai 2018
Débat francophone Radio-Canada et TFO, 28 mai 2018

Trente ans de bramements

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Pour souligner ses trente ans de publication, l’équipe de l’Orignal déchaîné vous a préparé un cahier tout spécial! Il est disponible en format papier sur le campus de l’Université Laurentienne. Vous n’êtes pas dans nos parages mais vous voulez toujours accéder au magazine? Ne vous en faites pas! Le tout peut être téléchargé en cliquant ici.

Bonne lecture!

 

Il nous faut plus de jeunes (artistes) en politique

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S’il y a quelque chose qui m’a marqué lors de mes études, c’était sans doute le Parlement simulé annuel. À tous les ans, une centaine de jeunes passionnés débarquent dans la Chambre des communes et font de la politique. Oui, c’est en partie ridicule, mais les participants ont des réelles discussions sur des sujets importants, des débats qu’on n’a pas en salle de classe. J’en sort toujours avec la même conclusion : il nous faut plus de jeunes en politique. Non seulement comme électeurs, mais comme candidats.

J’entends déjà les critiques. On va dire que la jeunesse est apathique, qu’elle est égoïste, trop obsédée par ses bébelles informatiques et qu’elle ne fait que se regarder le nombril. Bullshit. Des généralisations majeures par rapport à un groupe d’âge ne font que démontrer les préjugés et l’ignorance de ceux qui détiennent ces propos. De mon expérience, les jeunes sont engagés à leur manière, veulent améliorer leur communauté et la société et sont bien loin d’être apathiques. Pourtant, ils s’en sacrent royalement quant il vient aux élections, ce qui est dommage parce que c’est justement à ce temps-là dont nous les avons de besoin le plus.

L’apathie électorale démontrée chez les jeunes pourrait être liée au manque de formation par rapport à notre système politique. Les demi-cours de citoyenneté, ne durant qu’une moitié de semestre en 10e année, ne sont pas suffisants. C’est également la responsabilité de nos élus. Les jeunes ont toujours l’impression que la politique et les partis politiques sont un old boys club, dominés par une classe politique aisée qui ne se soucie aucunement d’eux et qui n’a pas intérêt à ce que les jeunes soient mieux formés en politique. En ajoutant les coûts associés aux mises en candidature et la mise sur pied d’une campagne, le tout semble encore moins à portée de main.

Quelque chose qu’on entend souvent c’est que les jeunes manquent de l’expérience de vie. À part du fait que c’est paternaliste en saudit comme attitude, les têtes grises, elles, par la simple vertu d’avoir vécu plus longtemps que les jeunes sont-elles source de la science infuse? Est-ce que siéger dans la législature est un privilège réservé aux vieux? Bien sûr que non. Les jeunes font preuve d’idées novatrices et d’audace, et sont beaucoup moins aptes à tomber dans la partisanerie. Pour eux, ce sont les idées qui sont importantes. Tant qu’à y être, je ne comprends pas pourquoi tellement de gens sont si réticents à l’idée d’élire des artistes. Être un artiste ou être jeune ne veut pas dire que tu ne possèdes pas les compétences ou les capacités nécessaires pour occuper un poste. Le gouvernement c’est pas juste pour des avocats et des comptables rendus à l’âge d’or! Les artistes comprennent mieux la société et l’humanité, ils sont capables d’empathie, de voir le côté humain des choses, et ce par la simple vertu de leur métier. Il me semble que c’est quelque chose qu’il nous manque terriblement ces temps-ci. Donne-moi Doug Ford et Ellen Page comme options et mon choix va se faire assez rapidement! La politique et l’économie ça s’apprend, l’empathie moins.

En plus de rendre le processus plus accessible, une augmentation de la place de la sensibilisation politique dans les curriculums ainsi qu’une réduction de l’âge du vote irait loin à encourager la participation des jeunes. On ne peut continuer à les aliéner du système. J’ai été assez chanceux d’avoir une enseignante de citoyenneté engagée, passionnée qui a su me transmettre le sens de devoir de participation dans la politique, mais ce n’est pas tous les jeunes qui ont ma chance. Participer activement dans le processus électoral est non seulement une responsabilité des jeunes citoyens, mais ça devrait aussi être essentiel.

Trois élections importantes, dans les trois paliers de gouvernement, auront lieu dans la prochaine année et demie. Les jeunes devront se faire une place aux urnes et sur les bulletins de vote. Même si vous pensez que vous n’avez aucune chance comme candidat, présentez-vous. Faites des vagues et démontrez que la jeunesse n’est pas apathique et qu’on devrait se méfier de nous. Lorsque la jeunesse vote, on appuie des politiques plus empathiques, on renverse des gouvernements. Mais ce n’est plus assez. Nous devons siéger dans nos législatures. On peut participer de toutes les façons que l’on veut, mais sans une présence au sein de nos gouvernements, on aboutira à rien et on continuera de nous infantiliser.

On va-tu finir par avoir un vrai débat?

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Twitter/taGueule! (@tagueuleca)
Twitter/taGueule! (@tagueuleca)

Une discussion sans intérêt qui incluait les acteurs politiques typiques. Voilà à ce que la communauté franco-ontarienne a eu droit hier soir sur les ondes de Radio-Canada. Alors qu’on nous promettait un Grand Débat sur l’Université de l’Ontario français, on nous a offert une session de masturbation intellectuelle de groupe célébrant la mission comme fait accompli. Le tout se faisait alors que les demandes, les inquiétudes et les questionnements des gens ailleurs en province et à l’extérieur de la ville reine continuent d’être ignorés et que leurs supposés représentants appuient un projet qui risque empirer la situation déjà précaire dans laquelle ils se trouvent.

On doit dire que le format de l’émission n’avait pas aidé. Un tiers du temps a été dépensé à rêver à l’université idéale. Il est inutile de jouer dans l’imaginaire, de discuter de ce qu’une université aurait l’air dans le meilleur des mondes parce que ce n’est pas celle-là qu’on va avoir. Pourquoi perdons-nous notre temps à « débattre » quelque chose qui n’est pas du tout ce qui nous est présenté? C’est un exercice futile. Oui, rêvons, mais oublions l’utopie. Nous devons nous poser de réelles questions sur la façon que cette institution affectera les jeunes francophones ailleurs en province et nous n’avons pas encore eu cette discussion. Oui, il faut combler le manque qui existe dans la région, mais pas au détriment des autres. On ne connait même pas comment cette université affectera le restant de la province parce que cette étude n’a aucunement été faite.

On a beau nous répéter que « Nous entendons les inquiétudes du Nord et nous ne voulons pas que cette institution ne les pénalise, » mais on n’explique jamais comment on va s’assurer de ça. De façon concrète, comment allons-nous empêcher que cette université cannibalise les effectifs, les programmes et le financement provincial déjà pitoyable qui est offert aux autres universités, que l’exode des jeunes francophones du Nord s’accélère ou que l’éducation universitaire en français deviennent encore moins accessible pour eux? Parce c’est ce qui va se passer si on continue sur cette trajectoire et ce sont des questions auxquelles on ne semble pas voulant de s’attaquer.

Je suis tanné de devoir poser les mêmes questions, soulever les mêmes inquiétudes, ad nauseam, sans que celles-ci ne soient adressées ou réellement débattues par les organismes et les élus qui se disent nos porte-paroles. On ne nous prend jamais au sérieux. On reçoit des réactions comme « Je comprends, mais… » ou « Ce n’est pas le temps de discuter de ça tout de suite. » C’est-tu le temps, là? Parce qu’on vous voit vous rallier derrière un projet qui ne ressemble pas à ce que vous vouliez ou ce que nous avons de besoin, et compromettre votre vision pour appuyer un semblant d’université franco-ontarienne. Alors que vous discutez des conditions particulières qui feraient en sorte que l’institution soit un succès, le projet actuel avance sans assurance que le gouvernement va établir ces conditions. On dit que ce sera le premier de plusieurs campus, mais ceci n’est aucunement garanti. On dit que les communautés ailleurs en province ne seront pas impactées de façon négative, mais on n’admet pas que ce soit une possibilité et on ne met rien en place pour les protéger. On dit que le projet proposé par le gouvernement ne va pas assez loin, mais on l’appuie parce qu’on se dit que c’est mieux que rien.

Je suis tanné. Tanné des slogans. Du semblant de consensus et d’appui communautaire. De l’idéalisme naïf qui fait abstraction de la réalité. De la tendance  d’aveuglement appuyer un projet au nom d’un idéal ou de la cause. De la notion que seuls les militants qui poussent pour le projet sont tannés du statu quo. De me faire expliquer avec condescendance que je ne comprends pas les enjeux. Je suis tanné de devoir justifier ma réalité et mes inquiétudes face à un mouvement qui semble déterminé à m’ignorer et à ignorer les autres membres de ma communauté.

Est-ce qu’on va l’avoir un vrai débat? Parce que j’attends toujours. Je veux tellement m’embarquer dans ce projet, d’être aussi excité que les autres, mais seulement si le par et pour m’inclus. Et ce n’est pas à moi de me conformer à une communauté ou un mouvement qui prétend parler en mon nom.

Vous pouvez consulter l’intégral du débat ici, si vous avez du temps à perdre.

« Mambo Italiano » au TNO : Deux perspectives

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Critique d’Isaac Robitaille

Historiquement, les médias occidentaux ont eu beaucoup de difficulté à bien représenter certaines minorités. Plusieurs de celles qui ont le plus souffert font partie de la communauté LGBTQ+. Après tout, Hollywood avait périodiquement effacé, villifé ou martyrisé la communauté homosexuelle, et ce de la Grande Dépression jusqu’aux années 90s. Et c’est à cause de cela qu’il est important d’observer les progrès qui ont été faits dans la représentation de l’homosexualité dans les médias et comment cela est bénéfique à notre progrès comme civilisation.

Mambo Italiano est une pièce écrite par Steve Gallucio, traduite par Michel Tremblay et mise en scène par Ryan Demers pour la 38e pièce communautaire du TNO. C’est un spectacle à propos d’Angelo Barbieri (Alex Tétreault), un auteur homosexuel venant d’une famille italienne, qui décide de sortir du placard et d’admettre son orientation sexuelle à ses parents (Francine Gaudette et Daniel Robillard). Cela ne plait pas à son amant, Nino Paventi (Joël Giroux) qui craint que les parents d’Angelo ne le dévoilent à sa mère (Lyne Robitaille) et qui décide de fréquenter Pina Lunetti (Sarah-Lynne Boucher), la gérante d’une compagnie de construction, afin de cacher son homosexualité. Angelo a aussi comme conseillers sa sœur névrosée Anna (Gabrielle Lemieux) et Angela (Sophie Ducharme), une représentation de son côté féminin.

Angelo (Alex Tétreault) et Angela (Sophie Ducharme)

En général, le jeu était assez solide de la part des comédiens. Alex Tétreault et Sophie Ducharme sont particulièrement convaincants dans leurs rôles et maintiennent une dynamique intéressante et réaliste en tout temps. De plus, bien que Joël soit un anti-casting dans le personnage de Nino, c’est un défi qu’il relève avec brio. Par contre, le jeu n’était pas sans problèmes. Durant la première moitié du spectacle, les comédiens semblaient un peu épuisés et à cause de cela, le rythme et l’intensité du spectacle en souffraient. De plus, l’articulation n’était pas toujours exacte et plusieurs lignes de dialogues furent perdues à cause de mauvaises prononciations, particulièrement les bouts en italien.

Malgré cela, le spectacle fut en somme très amusant et périodiquement touchant. La production était esthétiquement plaisante, le texte est simultanément émouvant et hilarant et bien que c’était une pièce communautaire, il ne faut pas confondre cela avec une pièce amateure. Je crois qu’il est important de considérer à quel point l’homosexualité était ostracisée dans les arts quand cette pièce a été écrite afin de vraiment apprécier jusqu’où nous avons progressé. Ce n’est pas seulement une pièce au sujet de l’homosexualité: c’est une pièce à propos de l’acceptation de celle-ci, de la fierté et de l’amour en famille, peu importe les circonstances.

 

Les comédiens et metteur en scène avant la première. En avant, de gauche à droite : Alex Tétreault, Sarah-Lynn Boucher, Sophie Ducharme, Lyne Robitaille et Gabrielle Lemieux. En arrière : Joël Giroux, Ryan Demers, Daniel Robillard et Francine Gaudette.

 

Critique de Chloé Thériault

Du 25 janvier au 3 février dernier, le Théâtre du Nouvel-Ontario offrait sa 38e production communautaire intitulée Mambo Italiano. Une pièce écrite par Steve Galluccio et traduite en français par Michel Tremblay, elle fut mise en scène par nul autre que Ryan Demers et mettait en vedette des comédiens amateurs de la région.

La famille Barbieri à l’heure du souper. Photo prise lors d’une répétition.

Pour raconter l’histoire de la sortie du placard d’Angelo, Ryan nous a peint un portrait de l’homosexualité de façon non caricaturale et pleine de vérité, ce qui était très rafraîchissant. Parmi les comédiens, il y avait une belle variété entre les comédiens qu’on a déjà vus sur les planches du TNO (Daniel Robillard), des comédiens rendus professionnels qui ont terminé leur formation en théâtre (Sophie Ducharme, Joël Giroux et Alex Tétreault) et des comédiens qui jouaient pour la toute première fois (Sarah-Lynne Boucher, Francine Gaudette, Gabrielle Lemieux et Lyne Robitaille.) Le métissage de cette variété d’expérience articule peut-être le charme que donne la production communautaire annuelle du TNO.

L’univers d’Angelo Barbieri (Alex Tétreault) et son amant Nino Paventi (Joël Giroux) était crédible grâce au jeu des deux comédiens. Un coup de cœur va à la grande Sophie Ducharme qui interprétait le rôle d’Angela, le côté féminin flamboyant d’Angelo, pour son jeu explosif et coquin. Le décor de ce spectacle était impeccable. L’essentiel de chaque maison, lieu et atmosphère était regroupé en partie ensemble sur la scène ce qui ne nécessitait aucun changement de décor et donc aucun décrochage de l’histoire qui se passait. La trame sonore modeste transportait le spectateur dans le feeling du quartier italien de Montréal, tout en guidant le sentiment de l’action. Le retour à l’essentiel et la précision a bien été réalisé.

En avouant qu’à certaines occasions il y avait des petits décrochages ou des bouts de textes inarticulés (c’est du communautaire, après tout!), il est clair comme de l’eau de roche que les comédiens s’amusaient tout autant que les spectateurs. Mambo Italiano était une pièce sympathique, mais tout aussi sombre, qui fait réfléchir au sujet de l’homosexualité, la famille et la société.

Chapeau à toute l’équipe!

 

Chloé et Isaac étudient tous les deux au Programme de théâtre de l’Université Laurentienne.

Le 26e Parlement simulé de l’UL en photos

Du 18 au 21 janvier dernier, une centaine d’étudiant.es de la Laurentienne a envahi la capitale nationale dans le cadre du 26e Parlement simulé, organisé par l’Association de Science politique de l’UL (ASPUL). Ces jeunes passionnés ont pu passer une journée au complet dans la Chambre des communes à débattre des projets de loi de leur propre création. Voici quelques photos de ces politiciens en herbe au travail.

Vox Pop : Parlement simulé 2018

Est-ce que les membres du parlement simulé connaissent bien la politique canadienne ?Nous avons demandé quelques questions de culture générale aux participants afin de découvrir le niveau de connaissance des futurs chefs de notre pays.

Question 1 : Est-ce que nous élisons directement notre premier ministre au Canada ?

Oui : 2%
Non : 98%

Réponse : Non. Nous votons pour un candidat dans notre circonscription, puis le Gouverneur général nomme le premier ministre, soit le chef du parti qui a obtenu le plus de sièges à la Chambre des communes. 

Question 2 : Qui est le premier ministre du Canada, le député fédéral de Sudbury ainsi que le député provincial de Sudbury ?

Bonne réponse : 56%
Mauvaise réponse : 44%

Réponse : Justin Trudeau, Paul Lefebvre ainsi que Glenn Thibeault.

Question 3 : Êtes-vous enregistrés pour voter ?

Oui : 95%
Non : 5%

Question 4 : Pouvez-vous nommer les 10 provinces et 3 territoires ?

Bonne réponse : 100%
Mauvaise réponse : 0%

Le verdict : La majorité des participants ont pu répondre correctement aux questions, et heureusement, puisque 44% souhaitent poursuivre une carrière en droit ou en politique !

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